dimanche 17 décembre 2017

Pratiquer l'Éveil


Vous devez en conséquence abandonner une pratique fondée sur la compréhension intellectuelle, courant après les mots et vous en tenant à la lettre. Vous devez apprendre le demi-tour qui dirige la lumière vers l’intérieur pour illuminer votre véritable nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’effaceront, et votre visage originel apparaîtra. Si vous voulez atteindre l’Éveil, vous devez pratiquer l’Éveil sans tarder. 

Dôgen

samedi 16 décembre 2017

Clarté de Dieu

Si on quitte tout ce qui est concevable, tout ce qui est exprimable, tout ce qui est audible, alors et alors seulement on abandonne toute chose... On est inondé de lumière, on passe dans la clarté de Dieu.

Maître Eckhart

vendredi 15 décembre 2017

Trace perdue


L'espoir ne doit plus être tourné vers l'avenir, mais vers l'invisible. Seul celui qui se penche vers son cœur, comme vers un puits profond retrouve la trace perdue.

Christiane Singer

jeudi 14 décembre 2017

Rendez-vous manqué

Tu n’étais pas au rendez-vous. J’ai cru t’y rencontrer et cependant, ce n’était pas toi. Une ombre a dansé de joie en te rêvant et ma vie a pris feu mais ce n’était que pour revenir à la cendre grise des jours sans toi. Et voilà que je te suis enchaîné comme un noyé à la pierre qui l’étrangle. Alors je me laisse couler sans regrets car ce n’est qu’au fond de la nuit que je te retrouverai, lumineuse et vive, comme toujours.

mercredi 13 décembre 2017

Féroce geolière

Ami prends garde à la souffrance elle est féroce geôlière....
Tu ne vois plus rien d'autre alors.
Tu es aveugle....
Tu peux être entraîné dans ses gouffres délétères, mais ses affres tenaces peuvent aussi contaminer ceux qui te côtoient...
Se décoller d'elle est un véritable chemin d'efforts.... Une Oeuvre.

Mais dès lors qu'un rai de lumière peut passer entre toi et elle, un rai de lumière ou un brin d'air, alors le salut arrive et la vie peut recommencer à couler...

Christiane Singer

mardi 12 décembre 2017

Créer le monde

Ce que tu as appelé « monde », il faut commencer par le créer. Ta raison, ton imagination, ta volonté, ton amour doivent devenir ce monde. La vie n'aura servi à rien à celui qui quitte le monde sans avoir réalisé son propre monde.

Upanishad

lundi 11 décembre 2017

Tranchant du sabre

Dans le poème tranchant comme un sabre, ce qui importe, est-ce la forme, l'esprit ou le non-esprit ? Le camélia qui fleurit dans le jardin a seul la réponse.


Quand on demanda à Onitsira ce qu'est, en vérité, un haïku, il répondit : un camélia qui fleurit dans le jardin. (Fabrice Midal, Qu'est-ce que la poésie ?)

dimanche 10 décembre 2017

Jours de neige

Ici, là-bas, un même ciel blanc.
Les arbres immobiles écoutent ma complainte 
nostalgique des jours de neige.

samedi 9 décembre 2017

vendredi 8 décembre 2017

Mourir et revenir à la vie


Et aussi longtemps que tu ne sais pas
Comment mourir et revenir à la vie
Tu n'es qu'un hôte désorienté
De la terre obscure.

Goethe

jeudi 7 décembre 2017

Indicateurs poétiques


Si je lis un livre et qu'il rend mon corps entier si froid qu'aucun feu ne pourra jamais le réchauffer, je sais que c'est de la poésie. Si je ressens physiquement comme si le sommet de mon crâne m'était arraché, je sais que c'est de la poésie. Ce sont les deux seules façons que j'ai de le savoir. Y en a-t-il d'autres ?

Émily Dickinson

mercredi 6 décembre 2017

Rêve bourgeonnant

Dans le train qui fend la nuit,
comme un rêve bourgeonnant :
une belle endormie.

mardi 5 décembre 2017

Sable transmuable

Portrait de Pierre Reverdy par Modigliani (1915)

Car ce n'est, au fond, que ça la poésie, du sable. Un sable, il est vrai, transmuable, par aventure en cristal. 

Pierre Reverdy

dimanche 3 décembre 2017

Profondeurs abyssales de l’amour


Celui qui a parcouru les profondeurs abyssales de l’amour,
Tour à tour dévoré par la soif
Ou s’abreuvant à la source,
Traverse sans dommage l’aridité
Ou les riches floraisons.
L’écoulement des saisons
Ne le touche point.
Au fond du gouffre de l’absence
Comme sur les cimes de l’union,
Son cœur reste serein
Et tel qu’en lui-même.

Hadewijch d’Anvers

samedi 2 décembre 2017

Le sillage du temps

La nuit t'engloutit.
Je reste sur le quai
     offert au vent glacé
     les bras ballant
à contempler
     sans y croire
     le sillage du temps
dans l'eau noire.

jeudi 30 novembre 2017

mercredi 29 novembre 2017

Adieu Tristesse


Je vais m'en aller, allez mon amie, 
Je vais m'en aller vivre ma vie, 
De l'autre côté je vais semer le doute et reprendre ma route, reprendre ma route.

Je t'ai tant aimée, aimée mon amie, 
Je t'ai tant aimée que dans ma vie,
Tu as fait ton nid, je m'envole quand même,
Adieu Tristesse, il faut que je te laisse.

J'ai laissé autant de larmes, de larmes couler
que j'ai laissé le navire chavirer,
blessé et par la vague, vague emporté oui,
J'ai laissé mes rires se noyer.

Je m'en vais, je vais mes larmes larmes sécher,
Je m'en vais loin de toi ma peine,
Si je m'en vais, c'est que l'orage, orage est passé
C'est que je sais qu'être heureux vaut la peine.

Je vais m'en aller, ma belle ennemie,
Je vais m'en aller vivre ma vie,
De l'autre côté tu as semé le doute et j'ai fait fausse route,
J'ai fait fausse route.

Je t'ai tant donné, donné ma peine, 
Tant et tant donné que je me traîne,
A toi condamnée je m'évade quand même,
Adieu Tristesse il faut que je te laisse.

J'ai laissé autant de rêves, de rêves passer, 
Je t'ai laissée me faire tout ce mal,
Et le vent glacé, et les hivers hivers ont passé,
puis déchiré le tissu de ma voile.

Je m'en vais, je vais quitter quitter le port,
Oui je m'en vais loin de toi ma peine,
Si je m'en vais c'est que je rêve rêve encore,
C'est que je sais qu'être heureux vaut la peine.

Je vais m'en aller, allez mon amie,
je vais m'en aller vivre ma vie,
Le vent a tourné, il a semé la haine,
On oublie que l'on s'aime, on oublie que l'on s'aime.

Je m'en vais semer, semer ma peine aux quatres vents, semer tant qu'il est temps,
L'envie de s'aimer à l'enfant que je laisse,
Adieu Tristesse il faut que tu me laisses.

Laisse moi, au moins le temps le temps d'essayer,
Laisse moi encore une chance, 
Oui laisse moi, au moins le temps,le temps de trouver,
Le peu de moi qui me sauvera,

Je m'en vais je mets les voiles, voiles encore,
Oui je m'en vais, loin de toi ma peine,
Et du vent mauvais, des vents froids et des vents forts,
Tant je sais qu'être heureux vaut la peine.

Oui je pars, je veux le calme, le calme trouver,
Loin de toi je serai sereine, 
Et je suis le phare, je n'ai qu'à me laisser guider,
Il faut croire qu'être heureux vaut la peine.

Oui je pars, je veux le calme, le calme trouver,
Loin de toi je serai sereine, 
Je serai le phare, je n'aurai qu'à me laisser guider,
Il faut croire qu'être heureux vaut la peine.

Zazie

mardi 28 novembre 2017

Nouvelle vie

Un jour, mon cœur touchera terre à nouveau. Pour l'instant, il vole au vent comme une feuille détachée de l'arbre qui l'a nourri. Gorgée des mémoires de l'été, lavée par la pluie tombée des étoiles, elle se livre maintenant à l'automne essentiel. Elle porte le printemps en son sein comme un enfant à naître au-delà de la tombe de l'hiver. 

Un jour, mon cœur touchera terre à nouveau, comme un oiseau fatigué de voler et qui s'offre enfin à la pesanteur de vivre. L'esquif de mon âme abordera enfin à ton rivage et j'en descendrai, tout tremblant de retrouver un sol ferme sous mes pas.

Un jour, mon cœur touchera terre à nouveau. Il plantera ses racines à tes pieds. Il se réchauffera au soleil de ton sourire. Il s'abreuvera à la lumière de tes yeux et enfin, il fleurira pour livrer passage à une nouvelle vie.

lundi 27 novembre 2017

Le soleil de l'Amour

Je marche le chemin de l'Amour. Son sentier est escarpé et conduit dans le vide au-delà de toute certitude. Il faut enjamber le gouffre de la peur pour se découvrir des ailes et traverser la nuit. Dans le soleil de l'Amour, il n'y a plus de doute, il n'y a que Toi.

dimanche 26 novembre 2017

Étonnante Lumière


J'aimerai pouvoir te montrer,
Quand tu es seul ou dans la noirceur,
L'Étonnante Lumière
De ton propre Être !

Hafiz de Chiraz, in "I heard God Laughing" par Daniel Landinsky (ma traduction)

samedi 25 novembre 2017

La plus belle médecine

Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérages, s'abandonner absolument, complètement, à la paresse, être absolument, complètement, indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer. 

Henri Miller

jeudi 23 novembre 2017

Vie à l'état pur


Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l’amour n’a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu’il n’est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première –celle qui permet de vendre toutes les autres. L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences, et d’entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l’état pur, aussi fine que l’air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse !

Christian Bobin

mercredi 22 novembre 2017

Notes de piano

Quelques notes de piano réveillent l'oiseau dansant dans le cœur, et voilà que le soleil vibre sur la peau. Dehors, l'espace grand ouvert tend des bras de radiante lumière à l'immensité du réel. C'est ainsi que la Sublime, martelant le corps du Silence de ses adorables pieds nus, tire du sommeil le dieu endormi : son rêve éclot enfin en un éclair jubilatoire d'éternelle liberté.

mardi 21 novembre 2017

Liberté féroce

J'ai la liberté féroce ce matin. Elle coure dans la campagne à la poursuite du soleil levant. Voilà, elle n'a enfin plus de visage auquel s'attacher comme chien cherchant le collier; elle a retrouvé sa nature de louve sauvage qui danse dans la musique de l'aube. Aujourd'hui est le temps d'un adieu dans lequel tu es rendue à ta nature d'aigle sidéral, et d'une naissance éternelle, éclosion de la lumière, comme chaque jour.

lundi 20 novembre 2017

Voyage sans fin

La route est grande ouverte devant moi et voilà que, doucement, tu t'éloignes. Lentement, ton soleil pâlit sur l'horizon et mon cœur s'abîme comme une lune gravide dans une mer rougeoyante. Tranquillement, tu t'effaces de mon ciel et laisses toute la place au vide qui me tend les bras. Au-delà de toi, il n'y a que la route qui m'avale et me recrachera tout nu sur les sables du temps. Alors, je me livrerai tout entier à l'océan pour me perdre (avec toi ?) dans un voyage sans fin...

Plonge !


Mon frère, espère recevoir l’Invité pendant que tu es encore en vie
Saute dans l’expérience pendant que tu es encore en vie
 
Ce que tu appelles le “salut” a sa place avant la mort.
Si tu ne romps pas les cordes qui t’attachent pendant que tu es en vie
Crois-tu que les fantômes le feront pour toi plus tard ?
L’idée que l’âme se joint à l’extase
Seulement une fois que le corps est pourri –
Ceci n’est qu’illusion.
Ce que tu trouves maintenant tu le trouveras plus tard.
Si tu ne trouves rien maintenant,
Tu aboutiras tout simplement enfermé quelque part dans la cité de la mort
Mais si tu fais l’amour avec le Divin maintenant,
Tu auras dans la prochaine vie le visage du désir satisfait.
Alors plonge ! Cherche la vérité ! Trouve ton maître ! Crois à la splendide musique !
 
Kabir dit ceci : Quand on cherche pour l’Invité,
C’est l’intensité du désir pour l’Invité qui fait tout le travail.
Regarde-moi et tu verras un esclave de cette intensité !

Kabir

dimanche 19 novembre 2017

Bon voyage !

Aujourd'hui, jour de deuil et de silence car nous disons "au revoir" à Paula Lebrun.

Never born, never died, she'll always shine like a jewel in our heart...


Bon voyage dans le soleil, chère Âme !


samedi 18 novembre 2017

La corde oblique

La corde oblique creuse
la plante de mon pied
y dépose la semence
de l'envol

mon pied tremplin
à chaque pas je te rejoins
toi l'homme oiseau
au circuit des brumes

la ville en miroir scintille
d'envergure
s'éloigne sous l'aile
de notre regard

la voie oblique
initie la rencontre
à la croisée des feux

dans l’œil de l'oiseau solaire
la fusion de la terre 
et du soleil

nos ailes de cendre
polliniseront les étoiles

Cygne blanc

vendredi 17 novembre 2017

Le vent nous portera

Mon âme danse dans le vent ce matin tandis que je pense à toi. La tempête a des atours qu'aucune rose n'égalera. Elle m'emmène en tourbillonnant au cœur obscur de la lumière, où s'enfantent les matins radieux. « Amour, toujours ! » crie-t-elle en chevauchant ardemment les vagues du temps. Oh oui, le vent nous portera au-delà de tout ce que nous pouvions imaginer, jusqu'au bout de nous-mêmes. Et là, bien sûr, je te retrouverai, intacte dans ta sauvage beauté.


jeudi 16 novembre 2017

Libération par la vérité

It is always the false that makes you suffer, the false desires and fears, the false values and ideas, the false relationships between people. Abandon the false and you are free of pain; truth makes happy, truth liberates.
C'est toujours le faux qui vous fait souffrir, les faux désirs et les fausses peurs, les fausses valeurs et les fausses idées, les fausses relations entre les gens. Abandonnez la fausseté et vous êtes libres de la douleur; la vérité rend heureux, la vérité libère.
Nisargadatta Maharaj (ma traduction)